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SCIAMACHY prend les « empreintes » des gaz à l’état de trace

SCIAMACHY dévoile des informations extraordinaires sur la physique et la chimie de l’atmosphère terrestre.

Sciamachy (Scanning Imaging Absorption Spectrometer for Atmospheric CHartographY)

Une partie des données enregistrées par Envisat est mise à la disposition des chercheurs et utilisateurs en quasi temps réel, tandis que le reste est traité à moyen terme. Le spectromètre SCIAMACHY dévoile des informations extraordinaires sur la physique et la chimie de l’atmosphère terrestre. Il enregistre les rayonnements solaires transmis, rétrodiffusés et réfléchis par l’atmosphère, et les décompose en éléments spectraux.

Ces résultats sont ensuite passés au crible pour trouver des « empreintes » de l’absorption spectrale des gaz présents à l’état de trace dans l’air. Ces données permettent aux chercheurs d’établir des conclusions précises sur les concentrations de polluants entre la surface de la Terre et une altitude de 90 kilomètres.

Le dioxyde de carbone (CO2) à effet de serre figure en tête de liste des priorités d’étude de SCIAMACHY, les chercheurs climatiques souhaitant en particulier comprendre le comportement du CO2 dans le cycle global du carbone.

Actuellement, près de la moitié des émissions de CO2 reste dans l’atmosphère, tandis que l’autre moitié est absorbée par les océans et la biosphère. Les vastes régions boisées, comme la Sibérie, absorbent d’immenses quantités de CO2, et il semble logique que leur cycle de croissance influe largement sur la quantité de CO2 présente dans l’atmosphère.

Les mesures prises par le spectromètre SCIAMACHY dans l’hémisphère nord ont confirmé ce phénomène. Par ailleurs, en juillet et août, les forêts boréales « aspirent », dans une plus large mesure, le CO2 de la troposphère. Autant d’informations inestimables pour les chercheurs climatiques.

Le spectromètre SCIAMACHY dévoile des informations extraordinaires sur la physique et la chimie de l’atmosphère terrestre.

Le méthane (CH4) est le troisième gaz à effet de serre le plus important, derrière la vapeur d’eau et le dioxyde de carbone. Ses émissions anthropogènes - principalement issues de la riziculture et des animaux d’élevage - sont extrêmement variables.

Le méthane est également dégagé dans l’atmosphère par des processus naturels, par exemple, les terrains marécageux et la fonte du pergélisol. La compréhension quantitative des sources d’émission de méthane se fait de plus en plus urgente dans le contexte de l'échange de quotas d'émissions de gaz à effet de serre défini par le Protocole de Kyoto. Pour

la première fois, SCIAMACHY permet aux scientifiques de modéliser la répartition du CH4 à l’échelle planétaire. Les mesures révèlent des concentrations accrues de méthane dans certaines régions d’Amérique du Nord et du Sud, en Afrique centrale, en Inde (en particulier la plaine du Gange) et en Indochine. Dans ces deux pays, les modèles atmosphériques concordent étroitement avec les données enregistrées par SCIAMACHY.

En revanche, des écarts étonnamment importants ont été observés dans certaines régions d’Amérique du Nord et du Sud, en Afrique centrale et en Indonésie. Ces régions sont caractérisées par la présence de terres humides et l’activité biologique intense de la végétation de la forêt tropicale. Les scientifiques avaient précédemment travaillé sur le postulat selon lequel les forêts tropicales seraient plus susceptibles de réduire la proportion de gaz à effet de serre compte tenu du fait qu’elles absorbent du dioxyde de carbone.

Mais ces nouvelles informations leur ont permis d’identifier un phénomène biologique jusqu’ici inconnu, celui de la production de méthane par la flore des forêts tropicales, ce qui explique les concentrations élevées de ce gaz.

Début 2011, les scientifiques mobilisés sur le projet SeaKLIM ont étudié l’incidence des émissions de polluants dues au transport maritime. Leurs résultats ont révélé que le transport maritime international émet quasiment autant de dioxyde de carbone dans l’atmosphère que le trafic aérien, et rejette dix fois plus d’oxyde d’azote et 100 fois plus de dioxyde de soufre - des résultats qui reposent sur les données transmises par SCIAMACHY.

Les informations communiquées par SCIAMACHY ont également des applications pratiques et quotidiennes, comme le service de contrôle des rayons UV, qui fournit les informations les plus récentes sur les risques d’érythème actinique. En permettant aux utilisateurs de contrôler l’état des rayons UV à un instant T sur leur téléphone mobile ou sur Internet, ce service contribue à éviter les dangers d’une exposition excessive au soleil. La prévision repose sur une série de différentes mesures, dont les données de SCIAMACHY sur les concentrations locales d’ozone.

 

SCIAMACHY MIPAS GOMOS Advanced Synthetic Aperture Radar ASAR AATSR
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