Airbus Defence and Space

Un bouclier contre les impacts d’astéroïdes

Le programme européen NEOShield

Collision entre un astéroïde et la Terre : est-ce possible ?

Plusieurs cas d’impacts d’astéroïde se sont produits au cours de notre histoire.

La région sibérienne de la Toungouska a été dévastée en 1908 par l’explosion d’un objet céleste de quelques mètres de diamètre seulement, générant une onde de choc équivalente à celle provoquée par 1 000 bombes d’Hiroshima.

65 millions d’années plus tôt, un autre astéroïde avait percuté la Terre à proximité de la Péninsule du Yucatan, au Mexique, provoquant un cataclysme très probablement responsable de l’extinction de la moitié de toutes les espèces animales de notre planète, dont les dinosaures.

Il est quasiment certain qu’un autre impact de cette ampleur se produira dans les 10 000 années à venir, mais personne ne peut en prédire la date exacte. Sur les milliers d’astéroïdes déjà identifiés comme se trouvant potentiellement sur la trajectoire de la Terre, aucun d’entre eux ne devrait entrer en collision avec notre planète au cours des cent prochaines années. Toutefois, nous ne voyons aujourd’hui qu’une fraction infime du nombre total de géocroiseurs qui pourraient passer dans notre voisinage…

Comme l’a si bien dit l’écrivain Arthur C. Clarke : « Les dinosaures ont disparu parce qu’ils n’avaient pas de programme spatial ».

L’Union européenne investit à la protection de la Terre contre les impacts de géocroiseurs (les NEO, Near Earth Objects), comme les astéroïdes ou les comètes, en lançant un programme européen d’étude baptisé NEOShield. Ce projet constituera la plus importante activité internationale menée dans ce domaine, et mobilisera des institutions et entreprises issues de toute l’Europe, des Etats-Unis et de Russie.

Les technologies actuelles permettent d’envisager des missions de déviation d’astéroïdes, mais en adaptant nécessairement ces technologies à ces missions. L’objectif du projet NEOShield est de préparer une mission de démonstration d’une capacité de protection de la Terre contre les géocroiseurs.

Observation d’un astéroïde

Qu’est-ce que NEOShield ?

Les travaux menés dans le cadre de NEOShield seront coordonnés par l’Institut de Planétologie de l’Agence spatiale allemande (DLR) à Berlin. Dans le cadre du programme NEOShield, Airbus Defence and Space dirigera les travaux techniques du consortium industriel chargé de définir à quoi pourrait ressembler le futur bouclier de la Terre contre les géocroiseurs.

Parmi les concepts envisagés, l’un des plus prometteurs est l’« impacteur cinétique », un véhicule envoyé à grande vitesse contre l’astéroïde en approche, pour provoquer une impulsion, certes infime, mais suffisante pour le dévier de sa trajectoire initiale et éviter la collision avec la Terre. Il y a quelques années, ce concept avait déjà été étudié par Airbus Defence and Space au profit de l’Agence spatiale européenne (ESA) ; il sera réactualisé et poussé plus avant.

Parmi les enjeux technologiques de cet impacteur cinétique, le plus difficile est son mode de guidage, de navigation et de contrôle jusqu’au rendez-vous avec le géocroiseur, qui implique des vitesses relatives supérieures à 10 km / seconde et une précision spatiale de l’ordre de quelques mètres seulement. Pour maîtriser au mieux ces paramètres extrêmement complexes, deux équipes d’Airbus Defence and Space réfléchiront en parallèle à différents concepts en s’appuyant sur leurs expériences respectives. La première, issue d’Airbus Defence and Space, experte dans les missions interplanétaires, maîtrise parfaitement l’ensemble de la phase de croisière et la navigation sur de longues distances. La seconde, d’Airbus Defence and Space, a démontré avec succès son savoir-faire en matière de navigation de précision et de rendez-vous dans l’espace, avec les lanceurs et le véhicule européen de transfert automatique ATV.

Trajectoire de collision

Une équipe internationale

Airbus Defence and Space supervisera également les travaux techniques de partenaires internationaux qui se concentreront sur deux autres concepts de déviation d’astéroïdes. Le premier repose sur l’attraction gravitationnelle entre le corps céleste et un véhicule spatial : par sa présence prolongée à proximité du géocroiseur, le véhicule peut faire office de « tracteur gravitationnel » et faire dévier le corps de son orbite. Ce concept sera étudié par l’Institut Carl Sagan de Palo Alto, en Californie, qui entreprendra également des travaux similaires au profit de la NASA. L’autre concept envisagé est une déviation (et non une destruction) par une explosion proche de la surface de l’astéroïde. Ce concept de déviation par effet de souffle sera exploré par l’institut de recherche russe TsNIImash, qui travaillera également pour le compte de l’Agence spatiale russe Roscosmos.

Chez Airbus Defence and Space, ce projet mobilisera des experts dans toute l’Europe : à Friedrichshafen (Allemagne), à Stevenage (Royaume-Uni), à Toulouse (France), aux Mureaux (France) et à Brême (Allemagne). Airbus Defence and Space, numéro un européen de l’industrie spatiale, contribuera pour moitié à l’effort de recherche et développement.

AstéroideFuturSpace surveillance (SSA)