Airbus Defence and Space

Une nouvelle mission pour l’ATV

Quels sont les grands objectifs de la mission de l’ATV-2 ?

Le 24 février 2011, l’ATV-2 « Johannes Kepler » s’est arrimé à la Station spatiale internationale (ISS). Il devient partie intégrante et habitable de l’ISS, où il restera jusqu’à juin.

Olivier de la Bourdonnaye, chef de programme d’Airbus Defence and Space pour ce deuxième exemplaire du cargo, nous présente la mission, ses grandes spécificités et les grandes évolutions de ce deuxième vol par rapport au premier.

 

Quelles sont les principales différences entre l’ATV-1 et l’ATV-2. Sont-ils jumeaux ?

L’ATV-1 « Jules Verne » et l’ATV-2 « Johannes Kepler » sont quasiment identiques au niveau définition. La mission du Jules Verne a été un grand succès et le principal enjeu de l’ATV2 était l’entrée en phase de production industrielle. Les enseignements tirés du premier vol nous ont permis d’apporter quelques améliorations sur l’ATV-2. On peut citer entre autres : une plus grande capacité d’emport de fret (+ 25%) grâce à de nouveaux racks, l’amélioration de la robustesse des communications entre l’ATV et le sol, certaines modifications sur le logiciel de vol pour prendre en compte les demandes du centre de contrôle ATV. La protection thermique externe a été modifiée pour éviter les problèmes rencontrés sur le premier vol, de même que le régulateur de pression. Toutefois, la définition de l’ATV-2 reste très proche de celle de l’ATV-1.

Par ailleurs, au niveau mission, le déroulement des opérations sera sensiblement différent. Le premier vol était un vol de qualification, qui comprenait un certain nombre de démonstrations, notamment dans la phase d’approche de l’ISS. Le Johannes Kepler se rendra, lui, directement jusqu’à la station, ce qui raccourcira notablement la période en orbite avant arrimage.

Chargement du fret « sec » dans le module pressurisé

Quels sont les grands objectifs de cette deuxième mission ?

Ils sont essentiellement logistiques. L’ATV-2 va remplir pleinement son rôle de cargo, en emportant plus de 7 tonnes de fret (contre 4,6 tonnes pour l’ATV-1) et de carburant pour les manœuvres de rehaussement (« reboost ») de la station.

Sur le 7 090 kg de fret emportés, le carburant représente 4 535 kg. En effet, pendant la période où il sera arrimé à l’ISS, l’ATV-2 procédera à des opérations de « reboost » de la station, qui consistent à la remonter sur son orbite, de 360 km d’altitude où elle se trouve actuellement pour des raisons liées à l’accostage de la navette américaine, à 400 km. Pour ce faire, l’ATV utilise le carburant qu’il a emporté et ses propres moteurs. Six opérations de reboost sont prévues. Ce carburant peut également être utilisé pour des manœuvres d’évitement de débris, ce que nous ne pouvons bien sûr pas planifier à l’avance. Mais l’ATV est extrêmement flexible et peut réagir en temps réel.

Enfin, au terme de trois mois et demi, l’ATV-2 sera désarrimé de la station et, comme l’ATV-1, terminera sa course dans les hautes couches de l’atmosphère en emportant les déchets de la station.

Vue d’artiste de l’ATV, en approche de l’ISS pour un arrimage automatisé

Où en est aujourd’hui l’intégration de l’ATV-3 ? Quels sont les grands challenges industriels sur ce modèle 

Les trois modules de l’ATV-3, baptisé Edoardo Amaldi du nom du grand physicien italien, sont aujourd’hui terminés. Il entre dans sa dernière phase d’intégration et de tests sur le site d’Airbus Defence and Space Brême. Il devrait partir pour Kourou en août prochain, pour un lancement début 2012. Le principal challenge industriel est de continuer à améliorer ses performances et sa flexibilité d’utilisation par les partenaires de la station. Son aménagement intérieur, notamment, est complètement revu pour augmenter encore sa capacité d’emport de fret.

L’autre grand défi sera de mener en parallèle l’intégration système de l’ATV-3 et l’exécution de la mission de l’ATV-2. Cela va demander beaucoup de disponibilité et de réactivé aux équipes Ingénierie et AIT d’Airbus Defence and Space, particulièrement s’il devait survenir des anomalies sur le Johannes Kepler en orbite. Mais toutes ces équipes, en France et en Allemagne, ont déjà fait la preuve de leurs compétences et de leur extrême motivation et je sais qu’elles seront à la hauteur de ces défis.

Le véhicule spatial ATV – un projet sans précédant dans l’histoire des vols spatiaux européens

En tant que maître d’œuvre, Airbus Defence and Space a développé et construit l’ATV pour le compte de l’Agence spatiale européenne (ESA). Airbus Defence and Space œuvre à la tête d’une équipe industrielle comptant 30 contractants principaux issus des 10 pays européens participant au programme, ainsi que de la Russie et des Etats-Unis.

Sept tonnes de fret

L’ATV-2 Johannes Kepler emporte 7090 kg de fret (solide et fluide) :

  • 4535 kg de carburant pour les opérations de reboost et de manœuvres d’évitement
  • 850 kg de carburant russe
  • 100 kg d’oxygène
  • 1605 kg de fret, parmi lequel des expérimentations à installer sur la station, des pièces de rechange pour les instruments ou l’ISS, des batteries, des équipements mais aussi de la nourriture, des vêtements ou des articles d’hygiène pour les astronautes

A noter parmi les expérimentations embarquées, l’expérience Geoflow II, développé par Airbus Defence and Space pour le compte de l’Agence spatiale européenne (ESA). Geoflow II permettra aux scientifiques de mieux cerner les fluctuations du manteau terrestre et de comprendre les phénomènes qui conduisent à des éruptions volcaniques, les mouvements des plaques tectoniques ou encore les tremblements de Terre.

Pour en savoir plus: Voir le dossier spécial (articles, interview, vidéos …) sur l’ATV-2 « Johannes Kepler »

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